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Pey teo-a ndaandaa-ey!..Bienvenue..Welcome sur le portail Web de la communauté MBASSO'O......... Programme officiel de la journée européenne de Sa Majesté Fo'o Teigni Detio Konlack Jean, chef supérieur Bamessingué, département de Bamboutos, Cameroun. 1) dimanche 9 juillet : arrivée en Italie, rencontre avec les Mbafung de Pavia. 2) jeudi 13 juillet : arrivée à Valenciennes, rencontre avec la communauté Mbafung de France le vendredi 14 juillet. 3) samedi 15 juillet : arrivée en Belgique, rencontre avec la communauté Mbafung de Belgique, intronisation du représentant personnel du chef supérieur Bamessingue en Europe. 4) dimanche 16 juillet : audience pour les fils et filles Mbafung de Belgique qui le désirent. Retour sur Valenciennes. 5) lundi 17 juillet : audience pour les fils et filles Mbafung de France qui le désirent. 6) mercredi 19 juillet : départ pour l'Allemagne. 7) vendredi 21 juillet : départ pour l'Italie puis retour à Bamessingue. Sm dr Lefakouong Pascal. ......Télécharger sur notre site ou sur google play-store notre apps Babadjou.Net mobile et recevez aussi toutes les infos et plus......NB:la version mobile pour Téléphone-Iphone et -Windowphone sont en construction


La brièveté du règne des souverains dans la chefferie MBasso : quelle malédiction déambule aux trousses de notre chefferie ?





  • Posté par Ghislain Lontchi
  • 760
  • 29.06.2017 : 21.09.46
  • 0

L’homme nait, vie et meurt, c’est la triade qui caractérise le parcours d’un homme sur la terre. Nul n’y échappe quelques soit son statut



Mais de plus en plus, la symphonie discordante des faits qui entourent la mort dans nos sociétés pousse l’homme à chercher au-delà du « destin de l’homme », de l’ordre naturel des choses pour se plonger dans la causalité. Dans notre tradition, il y a des morts qui auraient pu être évitées. C’est pour remettre en question « l’ironie du sort » que subi la chefferie MBasso que notre rédaction s’emploie à cette exégèse pour ouvrir les esprits à une réflexion plus poussée. Loin de s’ériger en panacée à la crise de la brièveté des règnes de nos souverains, ce dossier se propose à ouvrir les hypothèses de réflexion afin de donner la possibilité aux initiés et acteurs des questions traditionnelles de prendre des décisions éclairées et des actions orientées.

Voici comment la nouvelle de la mort du chef a été reçue

Le 24 mars 2017, le Baobab du milieu de la forêt est tombé sans véritable coup de vent. Le jour s’est ordinairement levé et chacun vaquait à ses occupations quotidiennes. La grande pluie de la veille, la toute première de la saison des pluies a intensifié l’activité agricole. De bonne heure, presque tout le village s’est rué vers les champs pour les semailles. Le temps est clément et doux. Le soleil montre difficilement sa boule azurée. Une opaque couche de brume blanchâtre l’accompagne vers le milieu du ciel.

Soudain, une effroyable rumeur s’empare des conversations. A l’origine, un post-facebook aurait répandu une information de mauvais goût. « Le feu serait éteint à

Babadjou ». Les communautés des villes s’activent via SMS et appels à confirmer ou démentir un tel fion. Surtout qu’en 2015, une telle plaisanterie de mauvais aloi avait fait le tour du village. Mais de plus en plus, comme une trainée de poussière emportée par le vent, la nouvelle s’est répandue dans la communauté jusqu'à la diaspora à la vitesse de la lumière. Mais les esprits éclairés se réservent de vilipender une telle nouvelle car le savent t’ils, s’il est vrai que sa majesté a cassé sa pipe, selon la tradition Basso, la nouvelle devrait partir de la chefferie via les notables. Hélas ! Malgré tous les efforts, on n’a pas pu dissimuler la rumeur qui s’est petit à petit officialisé. Ce jour coïncidait avec la célébration du 32eme anniversaire du RDPC, une cérémonie expéditive est très vite organisée à la place des fêtes de Bamedoussooù l’on pouvait bien remarquer la consternation sur tous les visages et la loge de sa majesté vide. Mais aucune annonce n’est faite dans ce sens pour le strict respect des us et coutumes Basso. La nuit allait bientôt tombé sur le village où toutes les âmes étaient désormais stupéfaites, mortifiées. On gémissait et soupirait ici et là mais dans le silence. La seule preuve de la douleur ne se lisait que sur les regards tristes. Il fallait désormais se rendre à l’évidence : FO SambankeingTemgoua II Bertrand a répondu à l’appel de l’Adhès.

Au-delà du devoir de pleurer, les Basso ont le droit de s’interroger.

https://babadjou.net//news/img/veuves_chef_babadjou.jpg

La mort du chef est désormais un fait dont on doit accepter malgré la douleur du cœur. Pendant qu’on gémit et soupire, les esprits fortiches ne voudrait pas s’arrêter à l’implacable. Une telle nouvelle absconse ne saurait être fortuite. En 1999, lorsque Fo

Penandjo mourrait, un patriarche de Bamelo (quartier de Babadjou) en témoignant sa désolation, jurait par tous les dieux qu’il y aurait une explication à l’instabilité de l’autorité traditionnelle à Babadjou. (Lu dans Ntanglah n° 22 p25). Dans l’article publié par Honoré TADAA intitulé ‘‘la chefferie Basso de LACMAGO à Penandjo : regard croisé, on pouvait lire qu’en 96ans (1903-1999) Babadjou a connu six chefs. Soit une moyenne de 16ans par règne. Et voici ! Justement 16ans11mois16jours après, sa majesté FO Sambankeing vient de confirmer la réflexion empirique et cartésienne de M. Honoré Tadaa. On dira désormais qu’en 114ans, 7 chefs ont défilé au trône. Soit le ratio de 16ans 8mois, que nous majorons à ‘‘17ans’’. Alors quel ‘‘fatal 17’’ aussi mystérieux soit-il déambule-t-il aux trousses de notre chefferie ?(nous reviendrons sur les chiffres en utilisant la numérologie Mbafung). Nous risquons de paraphraser ‘‘Honoré Tadaa’’ dans son article rédigé en 2000 et dont les analyses semblent atemporelles au regard de ce que nous traversons actuellement (confère Ntanglah n°11 mars2000). Les mêmes interrogations suscités par la mort de Fo Penandjo restent valable et même peut être plus encore ! Ceux qui ont vu le chef lors du festival LEHRE en Décembre 2016 ne sauraient se dérober de l’épineuse attitude de rechercher de causalité face à la mort à Babadjou. Ici on ne se laisse pas distraire par la triade qui caractérise le cycle naturel de vie d’un homme «naître-vivre et mourir». Ou bien que, lorsqu’on naît, on est assez vieux pour mourir, S’il faut citer Heidegger. Non, la mort du chef n’est pas simple ! Peut- t-on apprendre des langues qui se délient. Voici quelques questionnements qui enquiquinent notre esprit et nous poussent à rompre le silence.

Primo, On savait bien que le chef souffrait d’un mal au pied depuis quelques années, mais après une longue hospitalisation, en 2015, on croyait avoir traversé l’acmé. Une messe d’action de grâce a même été dite et le festival LEHRE édition 2016 a été placé sous les auspices du roi. Comment comprendre que subitement la mort ait eu raison de lui ? Si l’on admettait que sa majesté ait succombé à son mal, ne serait-il pas une négligence de la part des Basso ? Qui, connaissant l’ampleur de la maladie du chef ne se sont pas mobilisés pour l’évacuer ?Ignore t’on que les plateaux techniques médicaux sophistiqués sont rares dans nos hôpitaux ? Tout semblait plutôt programmé pour ce destin.

Secundo, Dans une autre réflexion,admettons que la colonisation nous aurait volé notre âme et que nous cherchons jusqu’ici éperdument à la réanimer. Et que nos souverain n’aurait plus de véritable pouvoir et serait à la merci des esprits maléfiques. En s’attardant sur les séquelles de la colonisation sur le pouvoir à babadjou, quelques faits sont têtus et révélateurs.

  • En 1903, Fo NZIJOUO fut fusillé alors qu’il défendait son peuple. Une malédiction fut conjurée dans le village. Elle porta les conséquences jusqu’en 1973.

  • Fo Touoyem II trop jeune a dû vendre l’âme de notre tradition aux Allemands. Ceux-ci démantelèrent les structures de défense ‘‘le Madzong’’, ‘‘LAALI’’ ‘ ‘Keufo’’ « Messagong » « MAKAA »... le chef a été même forcé à s’ériger contre son peuple en les livrant aux Allemands pour les travauxde la construction de la route reliant les stations Dschang-Bamenda. Certains notables ont préféré fuir le village. (qu’ont-ils emporté ? nous ne savons point).

  • FO Touoyem sous les français est forcé à la christianisation du royaume MBasso, on assistera à un divorce entre le chef et son peuple. Certains notables désavouèrent le chef. (les a-t-on réconciliés ?)

  • FO Sambankeing Boniface entre 1939-1957. Face au problème foncier opposant les colons blancs (Darmagnac et SINCOA) à son peuple, défendit la cause du blanc. Désavoué, il se refugia à Dschang pendant que sa population se déchirait.

  • En 1959, la guerre nationaliste opposa deux factions du village. La chefferie a été incendiée. Oùétaient les symboles du pouvoir ?. Sa majesté FO Temgoua Jean Pierre (père du défunt) était protégée à Mbouda par l’administration Française.

  • En 1966, on pouvait enfin oublier la tragédie de la colonisation. Sa majesté FO Temgoua de retour au village organisa une cérémonie d’aveu public ‘‘le Ngou-Gang’’. Le chef a-t-il lui-même avoué le tort de la chefferie à l’égard de son peuple ? le conseil de notabilité s’est-il aussi réconcilié avec le chef ?

Au-delà de tout, les faits sur-cités ont forcément eu de graves séquelles sur notre institution. La nébuleuse de la colonisation a à n’en point douté, profané le sacré à 

Babadjou, désorganisé la structure socio-traditionnelle de notre village. Mais cela suffit-il pour justifier les courts règnes de nos souverains ?

Un autre questionnement nous taraude l’esprit. Une force maléfique entretenue par les esprits épris d’égoïsme et leurs âmes damnées n’aurait-elle pas pris en otage notre chefferie ?En simple profane nous ne pouvons que nous arrêter aux spéculations superficielles dénudées de toutes intentions accusatrices, mais qui interpellent les initiés à un examen du système initiatique, aussi bien que leurs consciences personnelles. En espérant qu’ils le feront, continuons notre navigations dans d’autres hypothèses.

Attardons nous cette fois ci sur quelques pratiques traditionnelles et rituelles qui caractérisent notre peuple. L’importance des funérailles dans notre tradition n’est plus à démontrer. Pourquoi n’a-t-on jamais organisé les funérailles des anciens chefs ? Leurs âmes dans l’au-delà sont-elles aussi tranquilles que ça ?Surtout qu’on sait que le crâne de Touoyem1er, mort au front au 19eme siècle lors du conflit contre les Bali n’a jamais été rapatrié. Les gardiens de la tradition sont encore mieux placés pour examiner cet aspect. Plus que jamais, l’urgence d’agir ou périr s’impose. Le peuple Basso souffre dans son âme, il est las de pleurer. Oser ouvrir sa bouche devant le silence dans un monde où on chuchote mais personne ne parle est bien courageux. Le seul regard promené au milieu du peuple MBasso, peut lire les ombres furtives, l’âme heurtée, une silhouette obscure dans l’obscurité, l’horreur, la peur, un monstrueux grondement de fin du monde. Il faut pourtant qu’on arrête de pleurer et qu’on vive aussi les délices d’un peuple de gloire, de stabilité et de prospérité autour d’un souverain qui dure car c’est ça la royauté en pays Bamilékés.



Par Serge Roland Ndjowe | Babadjou

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