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Cameroun: développer l’Extrême-Nord pour éradiquer le terrorisme





  • Posté par Ghislain Lontchi
  • 1173
  • 22.11.2016 : 11.11.12
  • 0

Après les résultats positifs enregistrés dans la lutte contre Boko Haram, International crisis group invite les autorités à lutter contre les facteurs favorisant le radicalisme religieux



International Crisis Group (ICG) a appelé les autorités camerounaises à «encourager le développement socioéconomique, la lutte contre le radicalisme religieux, et renforcer les services publics dans l’Extrême-Nord», une région confrontée aux assauts de la secte islamiste Boko Haram, afin de consolider les acquis sécuritaires et permettre une paix durable.

Dans un rapport publié samedi, 19 novembre 2016, et intitulé : «Cameroun : faire face à Boko Haram», cette organisation non gouvernementale estime que la réponse militaire du gouvernement contre l'insurrection du mouvement jihadiste, «bien que tardive, a été dans une certaine mesure efficace» depuis deux ans et demi avec un bilan de 1500 morts, 155.000 déplacés internes et 73.000 réfugiés.

«Le gouvernement camerounais a réagi tardivement, à la fois en raison des tensions historiques avec le Nigeria, par souci de ne pas se mêler d’un problème perçu comme interne au voisin, et par crainte de devenir une cible du groupe.»

Selon l’analyse de ICG, le gouvernement camerounais s’est focalisé sur la réponse militaire avec un certain succès, mais les causes structurelles ayant facilité son implantation demeurent, d’où l’urgence de réadapter le dispositif sécuritaire et de mise en place de politiques de sortie de crise durables afin d’éviter que la menace ne resurgisse sous d’autres formes et n’alimente l’insécurité dans la région.

L’Extrême-Nord camerounais étant à la fois la région la plus pauvre du Cameroun et celle où le taux de scolarisation est le plus bas, Boko Haram s’est appuyé sur un réseau de complicités locales, exploitant les facteurs de vulnérabilité que partage la région avec le Nord-Est du Nigeria.

Dans le but de consolider ses victoires militaires sur ce mouvement et de ramener une paix durable dans l’Extrême-Nord, l’ONG invite le gouvernement à «passer d’une approche centrée sur le sécuritaire à une approche privilégiant le développement socioéconomique et la lutte contre le radicalisme religieux».

Les pouvoirs publics sont ainsi, entre autres, invités à assécher les sources de financement de Boko Haram, enrayer ses recrutements, améliorer la coopération entre les forces armées et la population locale, lever au cas par cas les interdictions portant sur certaines activités économiques.

Le gouvernement camerounais doit aussi mettre en œuvre une stratégie de communication plus efficace, adapter le dispositif sécuritaire aux mutations récentes de la secte, améliorer la stratégie de lutte contre les attentats-suicides, assurer une meilleure coordination entre les trois opérations militaires dans la région, selon ICG.

Il s'agit aussi, estime cette ONG, de limiter l’usage des comités de vigilance et les démobiliser progressivement et prévoir le retour progressif des unités de police et de gendarmerie mieux équipées aux frontières, à mesure de l’affaiblissement du groupe terroriste.

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