• Accueil
  • |
  • A propos
  • |
  • Nous contacter
  • |
  • Connexion
  • |
  • Subscribe
Pey teo-a ndaandaa-ey!..Bienvenue..Welcome sur le portail Web de la communauté MBASSO'O......... INVITATION: Le Challenge Mbafung de Belgique organisé le samedi 21 juillet 2018 avec la cérémonie d'installation des Ma'afoo ..... Lieu: Belgique / Bruxelles............ Contacts: 0032 466 24 80 18, 0032 484 05 79 91............Télécharger sur notre site ou sur google play-store notre apps Babadjou.Net mobile et recevez aussi toutes les infos et plus......NB:la version mobile pour Téléphone-Iphone et -Windowphone sont en construction


Emeutes: Le Meeting du Rdpc embrase Bamenda





  • Posté par Ghislain Lontchi
  • 1254
  • 10.12.2016 : 13.01.35
  • 0

Le Premier ministre de la République réfugié dans un hôtel, les manifestants ont usé de violence pour s’opposer à la tenue d’un meeting du parti au pouvoir dans le chef-lieu du Nord Ouest.



La scène a quelque chose de théâtral. Gare routière de Nkwen : des jeunes gens dont certains viennent de garer des motos essaient de brûler un pagne du Rdpc. Le feu ne prend pas. Ils se concentrent puis claquent le briquet qui dégage une lame de fumée. C’est la liesse. « Brûlez ça, c’est la malchance », disent en pidgin des jeunes gens qui se hâtent de filmer la scène avec des téléphones portables pour les réseaux sociaux. Plus loin, à Mile 4, certains autres exécutent une chanson folklorique bien connue de la région qu’ils ont déformée. « Paul Biya, you mami pima... Paul Atanga Nji, you mami pima, ... », chantent-ils en défiant les forces de l’ordre. On imagine à peine dans ce spectacle presqu’enfantin que plusieurs personnes sont déjà mortes, du fait de la riposte armée des forces de l’ordre. Lorsque les photos commencent à circuler, la colère monte et la ville s’embrase. Des foyers de tension se multiplient. La ville de Bamenda hier, jeudi 8 décembre 2016, était le théâtre d’un affrontement entre les forces de l’ordre et des manifestants en tout genre, qui disent « no to ‘’la république’’». A la tombée de la nuit, des sources non officielles faisaient état de la mort d’au moins quatre personnes. L’un d’eux est Julius Akum, étudiant de l’université de Bamenda. Parmi les autres dépouilles figure un militant du Rdpc. On annonce des blessés aussi bien chez les manifestants que dans les rangs des forces de l’ordre. Le Premier ministre Philemon Yang, en sa qualité de chef de la délégation permanente du comité central du Rdpc pour la région du Nord Ouest avait programmé ce jour un meeting à l’image de celui de Buéa, avec la hiérarchie du parti, pour prôner la paix. Même dans les rangs de son parti, personne n’attendait de grandes déclarations, les négociations entreprises avec les grévistes le mardi dans cette même ville ayant accouché d’une souris. 

Une ville en feu 

Vers 14h30 ce jeudi 8 décembre 2016, Bamenda offrait le spectacle d’une ville enfumée. Rues désertes mais chaudes. Pas de véhicules sur la route. Encore moins les motos. Seules des voitures des forces de l’ordre lourdement équipées traversent la route à vive allure. On peut remarquer des pick-up et des camions de la gendarmerie nationale et du groupement mobile d’intervention (Gmi) n°6 de la police de Bamenda. Quelques militaires complètent les rangs. De Up station où s’arrêtent les véhicules en provenance de Yaoundé jusqu’à Commercial avenue au centre ville, la route est jonchée de cailloux, de pneus incendiés, de débris, de bâtons et autres objets balancés depuis les domiciles voisins. Dès Santa, la ville voisine, l’on est accueilli par des troncs d’arbres sur le rebord de la chaussée. A bonne source, ils ont été coupés dans la nuit, « pour bloquer la circulation et l’accès dans la région du Nord-Ouest ». Les policiers qui ont dégagé ces troncs campent sur place. Les voyageurs téléphonent pour s’assurer de la situation à Bamenda. « L’insécurité est totale », entend-t-on. Une fois à l’entrée de la ville, une forte odeur de gaz lacrymogène vous chatouille les narines. Les flics fouillent nerveusement tout le monde et ne se contentent pas de rechercher les armes. Les appareils-photos et certains portables sont confisqués. «Vous allez venir récupérer votre appareil au commissariat demain, quand le calme sera revenu. On sait ce que vous faites avec ces 
appareils pour démolir sur les réseaux sociaux la réputation des gens qui se battent juste pour vous protéger», lance un policier nerveux à un gaillard. L’échange, en français, anglais et pidgin s’envenime. Un officier de police arrive, récupère l’appareil à son subalterne et le remet au propriétaire en lui enjoignant d’éviter de l’utiliser. Les hommes en tenue sont sur leur garde. «Un gendarme a été battu presque à mort par des vandales. Il est actuellement à l’hôpital dans un état critique. Vous n’allez pas en parler et vous contenter de dire que ce sont nous les méchants », déclare un policier, à l’endroit des journalistes. Les hommes en tenue sont partout. La ville est quadrillée. Le Gmi n°6 a reçu le soutien du commandement central des Gmi, depuis Yaoundé. Le commissaire de police principal Ngoé Essombé, qui commande ce détachement des troupes, a des instructions incisives. « Tout faire pour ramener le calme dans la ville de Bamenda ». Une ville qui était déjà enlisée dans la grève permanente depuis trois semaines. 

La police est partout 

La flamme a été ravivée peu avant 11h à Commercial avenue. Un militant du Rdpc a été stoppé net, déshabillé et a observé impuissant ses bourreaux mettre le feu sur sa tenue de militant. Alertées, l’intervention des forces de l’ordre sera brutale. La population riposte en jetant des pierres. Les camions antiémeutes entrent en jeu. Des tirs vont suivre. Bientôt, on parle d’un mort, ensuite de deux personnes tuées par balles. Le bilan évolue au fur et à mesure. On case et on brûle. Quelques manifestatnts sont arrêtés et brimés. Après avoir libéré les personnes arrêtées et gardées à vue au commissariat du 3ème arrondissement, le feu est mis sur les lieux. La police charge. C’est le sauve-qui-peut. Les égouts, les rigoles et les maisons servent de cachette aux manifestants. Partis de loin pour assister à la rencontre qui devait leur permettre de se désolidariser des grévistes et des « manipulateurs » qu’ils voient tapis dans l’ombre, de nombreux caciques locaux du Rdpc ont été bloqués avant la place de réunion. De nombreuses voitures ont été vandalisées. Vêtus des tenues à l’effigie de Paul Biya, leur président national, des militants du parti au pouvoir ont été déshabillés, violentés et leurs attributs passés au feu. Il ne faisait pas bon de ressembler à une élite hier à Bamenda. Philémon Yang, Jean Nkueté et les autres barons du Rdpc qui se trouvaient au Congress Hall ont été exfiltrés et mis en lieu sécurisé. Le meeting n’aura finalement pas lieu. Beaucoup de citoyens qui se sont habillés décemment pour vaquer à des occupations sans rapport avec cet agenda politicien ont été confondus aux « militants du malheur » et brutalisés. Des confrères présents dans la rue au moment où les échauffourées ont commencé avouent s’être réfugies dans des maisons riveraines de la place des fêtes, avant de trouver des tenues de rechange. « Nous ne pouvons pas permettre que les francophones viennent une fois de plus nous insulter. Pendant que le Premier Ministre négociait ici la dernière fois, des membres d’un gouvernement qu’on dit qu’il dirige, étaient en train de nous insulter. Nous ne voulons plus de cette forme de colonisation. Où sont les étrangers qui nous téléguident dans ces rues ? », gronde un manifestant. A Buéa, les hiérarques du Rdpc avaient déclaré que le Cameroun était déstabilisé par des forces étrangères. 

Honoré Heukouo


Source : Lejourquotidien.info

Laisser vos commentaires






Facebook commentaires