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HISTOIRE DE BABADJOU DE Fô NDZIDJOUO à Fô TOUOYEM I ENTRE RESISTANCE ET COLLABORATION





  • Posté par Ghislain Lontchi
  • 3896
  • 18.12.2014 : 09.09.44
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Les Fô Ndzijouo et Fô Touoyem I ont régné à Babadjou pendant la période du Cameroun sous protectorat allemand




Ce qui rend cette partie de notre histoire inaccessible, est le fait que les écrits soient en langue allemande encore difficile à décrypter et la rareté des documents. Dans cette période choisie, nous remarquerons un peuple instable qui au départ, oppose des résistances aux colons européens et par la suite va donné collaborer avec ces derniers. Déjà dans le Ntang La’ N° 14 on traitait de l’histoire de Babadjou jusqu’à Fô Ndzijouo, promettant continuer dans les prochains numéros après plus de recherches sur le sujet.
Bien qu’arrivés au Kamerun en 1884, c’est en 1902 que les Allemands arrivent à Babadjou après la construction de la station militaire de Ramenda la même année. A leur arrivée, ils sont tout d’abord impressionnés par l’exploitation du sol à Babadjou et les cultures (de subsistance) qui y sont produites. Babadjou, situé sur la ligne de conquête du nord Est, faisait l’objet de convoitise des allemands. C’est dans cette optique qu’une expédition conduite par le Premier Lieutenant Strûmpell dans la partie Sud du district de Bamenda arrive à Babadjou le 15 Mars 1902 dans le but de découvrir cette terre encore inconnue par les Allemands.
Apres un bref séjour amical (ndlr: dont l’explorateur allemand ne précise pas la durée) à Babadjou, Strûmpell et sa suite regagnèrent le poste de Bamenda, Fô Ndzijouo avec eux, et firent part des merveilles des villages visités, entre autre Babadjou. C’est dans le but de mettre ces nouvelles terres en valeur qu’une seconde expédition conduite par le Lieutenant Hirtler, chef de la station militaire de Bamenda, arrive à Babadjou le 26 Février 1903, dans le but de négocier avec Fô Ndzijouo (de retour déjà de Bamenda) la route qui devait relier le poste de Bamenda à celui de Dschang, passant par Babadjou. Le chef donna son accord après une journée de négociation avec l’officier allemand. Notons qu’à l’annonce de l’arrivée de l’officier allemand, le chef lui réserva un accueil chaleureux. Les vivres ont été apprêtés et des femmes qui prendront soin du visiteur. Ce comportement du chef n’était pas signe peur du colon, mais plutôt d’hospitalité. L’officier allemand est émerveillé surtout par ce grand arbre fruits noirs appelés « mbeuh », ressemblant prunes et se consommant cuits, très apetissa mais pourtant sans condiments.
Parmi les plans des Allemands à Babadjou on peut noter l’idée de propagation de l’évangile construction de la route Bamenda-Dschang et la recherche de la main d’œuvre. Le projet construction de la route lancé depuis Bamenda Juin 1904 évolue sans heurts. Seulement travailleurs Babadjou mis à la disposition Allemands sont maltraités. Peu de temps après, nouvelles des maltraitances des Allemand l’endroit des travailleurs parvinrent à Fô Ndzijouo c’est ainsi qu’une fois la route construite jusqu’a Babadjou, le chef donna ses sujets à abandonner travaux, donna l’ordre aux femmes cesser avec l’approvisionnement s’opposa lui-même contre le passage de cette route sur son territoire C’est ainsi qu’en Septembre 1904, la construction de la route est interrompue. Après moult tractation aucune issue favorable ne fut trouvée, ce qui passa d’une simple obéissance civile à une lutte armée. Le 11 Septembre 1904, le Lieutenant Putlitz, chargé de diriger les travaux est mis en mal à Babadjou se trouve obliger de battre en retraite ; c’est ce soulèvement que le colon allemand pellera désormais la résistance Babadjou.
Dans ce grand désordre, certains Babadjou trouvèrent refuge dans les villages voisins. La station de Bamenda lança un cri de secours à la Station Fontemdorf (Dschang), qui lui vint en renfort Novembre 1904 l’officier allemand Kouobloch accompagné du Lieutenant Rausch se rendit Babadjou pour mettre fin au soulèvement. Une fois la situation apaisée, il fallait faire payer Babadjou le prix de leur insoumission et du tort  causé. Courroucés, les Allemands se décidèrent déporter le chef Fô Ndzijouo au poste de Bamenda

http://babadjou.net//news/img/SAM_3420.JPG
pour un châtiment exemplaire. N’étant pas à sa première expérience de déportation et conscients des sévices qui allaient lui être infligés au fort de Bamenda, il se décida donc d’entreprendre la fuite. C’est donc où un solda, Bali, travaillant aux côtés des Allemands lui place une balle dans tomba les armes à la main, sous le regard de ses sujets cachés dans la brousse. Dans un rapport du chef de station de Bamenda adressé au gouvernement impérial le 1er Avril 1905, Hirtler rapporte les faits comme suit: « Pendant sa déportation au fort de Bamenda où il allait purger sa peine conformément à sa faute, le chef insubordonné tenta de prendre la fuite et un Bali, sans attendre l’ordre, tira sur ce dernier. » (Ndlr ; traduit du texte original en allemand). La tradition orale rapporte qu’une bonne partie de la population fut appelée à abattre un grand arbre (Teu mbeuh) qui empêcherait le passage de la route et de le soutenir à sa chute de sorte qu’il ne perde aucune de ses feuilles. Ce spectacle inouï se déroulait au lieu dit Metaa touo’ et sous le regard du chef qui à la chute de l’arbre a donné l’ordre à la population de s’enfuir dans la brousse. Elle parle également de la fusillade du chef juste après qu’il ait donné l’ordre. Certes l’officier allemand a déjà parler de ce grand arbre, mais avait-il été demandé aux populations de l’abattre et de le soutenir avec leurs mains à sa chute ? Cette autre version nous paraît moins vérifiée, car comment les Allemands qui avaient besoin de main-d’œuvre et de porteurs auraient plutôt choisir de sacrifier les hommes pourtant sous d’autres cieux ils les mettaient à leur compte pour des tâches ci-haut cités?
Pour le remplacer, le jeune chef, Fô Touoyem I est désigné malgré son jeune âge pour présider aux destinés du village plongé dans la tourmente. Le jeune chef arrive donc à un moment où le village entier est épris de peur après l’assassinat de son prédécesseur. Conscient des dangers qui le guettaient et des risques qu’il courrait s’il tenait tête à ses nouveaux maîtres le chef entreprit de collaborer avec ces derniers, même si ce n’en était pas une vraie. C’est ainsi qu’en Janvier 1905 les travaux de construction de la route reprirent. Entre temps se développa à Babadjou la psychose du Blanc et pour sanctionner cet acte ignoble posé par ces derniers, les notables du village se réunirent et organisèrent un rite de condamnation du Blanc ainsi que tout fils Babadjou qui tentera de suivre un pan mekou. C’est ce fameux rite au cours duquel un chien noir fut enterré vivant avec bien d’autres objets de parjure. Notons que l’élite a tellement été psychologiquement influencée par cette malédiction que des cérémonies furent organisées à Babadjou en 1973 pour annuler ce serment.
« Pendant sa déportation au fort de Bamenda où il allait purger sa peine conformément à sa faute, le chef insubordonné tenta de prendre la fuite et un bali, sans attendre l’ordre, tira sur ce dernier ».
C’est donc sous le règne de Fô Touoyem I que les Allemands réalisent avec succès leurs projets à Babadjou. Il favorise l’implantation du christianisme à Babadjou en se convertissant lui-même au christianisme. Entre 1909 et 1910, il autorisa la construction d’une église à Babadjou (l’actuelle église catholique de Toumaka). Le peuple adhère mal à cette nouvelle église et ne l’accepte pas. Pour l’imposer, les Allemands, avec l’appui du chef accordaient certains privilèges à ceux qui se convertissaient au christianisme, Il leur était offert vêtements et autres cadeaux précieux. Puisque ces convertis étaient en retour rejetés par la société, les missionnaires créèrent donc des camps de chrétiens, pour que ces derniers ne soient plus la menacés par les non convertis. Outre mesure de pression, les chrétiens étaient épargnés des travaux dans les plantations et du portage ; seuls ceux qui refusaient de se convertir en devaient subir. C’est donc pour cette dernière raison que beaucoup de personnes prirent l’initiative de se convertir au christianisme leur gré malgré. Cela s’explique de nos jours par les syncrétismes à Babadjou, à savoir le culte des ancêtres et le christianisme. Ceci montre que la collaboration sous le règne de Fô Touoyem I  n’était qu’une collaboration voilée.




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